Histoire coloniale et postcoloniale

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une conférence à deux voix sur l’Emir Abd el-Kader

samedi 25 décembre 2004, par la rédaction

Avant de venir à Toulon le 11 décembre 2004, M. Mohamed Boutaleb, président de la Fondation Emir Abdelkader à Alger, et Mgr Henri Teissier, archevêque d’Alger, avaient donné, à Lyon le 7 décembre, une conférence sur l’Émir Abd el-Kader.

Les 7 et 8 décembre 2004, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, avait invité aux "festivités" [1] l’archevêque d’Alger,
Mgr Henri Teissier, ainsi que le président de la Fondation Emir Abd el-Kader, M. Mohamed Boutaleb.

Voici la présentation de cette rencontre telle qu’elle figure sur le site de l’Église catholique à Lyon.

L’invitation de Mgr Teissier peut paraître naturelle, s’agissant d’un évêque originaire du diocèse de Lyon. Celle de Monsieur Boutaleb peut étonner. En fait, en accueillant à Lyon cette personnalité algérienne, l’Eglise de Lyon venait ranimer une flamme vieille de 152 ans !

Le 12 décembre 1852, en effet, quand fut inaugurée dans de grandes festivités la statue de la Vierge dorée qui domine Lyon depuis le sommet de l’ancienne chapelle de Fourvière, l’Emir Abd el-Kader était présent, invité par l’archevêque de l’époque, le Cardinal de Bonald. Le héros de la résistance algérienne à la colonisation venait d’être libéré de captivité et il descendait le Rhône jusqu’à Marseille pour partir s’installer à Damas.

Malgré la trahison des gouvernants français (qui lui avaient assuré la liberté en échange de sa reddition), l’Emir est toujours resté un ami de la culture et du peuple français. Il eut aussi un défenseur d’une fidélité exemplaire tout au long de son emprisonnement en France : le premier évêque d’Alger, Mgr Antoine Dupuch. Les deux hommes de religion s’étaient connus et appréciés. Chacun avait reconnu en l’autre un serviteur de Dieu, malgré les différences de croyances. Il est vrai qu’avant d’être un résistant nationaliste, l’Emir Abd el-Kader était un grand mystique. Appartenant à une famille illustre faisant remonter sa généalogie jusqu’au Prophète Mohammed, il était aussi un descendant du grand saint musulman Abd el-Kader el-Djillali, et il pouvait se prévaloir du titre de “commandeur des croyants”.

L’archevêque d’Alger, qui est lui-même un éminent spécialiste de l’œuvre mystique d’Abd-el-Kader, a donné avec Monsieur Boutaleb une conférence sur l’Emir.

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Mgr Henri Teissier devait prendre la parole le premier :

" M. Mohamed Boutaleb, président de la Fondation Emir Abd el-Kader à Alger et descendant de la famille de l’Emir, - et moi-même, comme archevêque d’Alger -, nous sommes très sensibles à l’invitation qui nous est adressée par le Cardinal Barbarin, à l’occasion du cent cinquantième anniversaire du passage à Lyon de l’Emir Abd el-Kader.

" Il est hautement symbolique que l’Eglise de Lyon ait tenu à marquer cette date. Nous essayerons dans une conférence à deux voix, de vous aider à rejoindre le message de fraternité islamo-chrétienne qui nous vient de l’Emir, par delà ces cent-cinquante années.

Pour ce faire, nous nous sommes partagé le travail. Dans une première partie, j’évoquerai quelques unes des rencontres de l’Emir avec les évêques d’Alger. Puis, dans une seconde partie, M. Boutaleb présentera quelques-uns des thèmes les plus significatifs de la vision spirituelle des relations inter religieuses, que l’Emir a exprimés, notamment dans son grand traité de mystique des Mawäqif (Livre des Etapes).

" Le temps nous manquera toutefois pour évoquer, par le détail, bien d’autres éléments de cet engagement islamo-chrétien de l’Emir, à commencer par son intervention courageuse pour sauver les chrétiens à Damas, en 1860, mais aussi à l’occasion de ses nombreuses rencontres avec des chrétiens qu’il retenait prisonniers ou pendant le temps de sa captivité à Toulon, puis à Pau, puis à Amboise. Il faudrait encore présenter ce qu’il a dit des chrétiens dans ses œuvres en particulier dans son chapitre consacré à sa vision du christianisme dans le livre qu’il a rédigé en lien avec son gendre, Mustapha Bentami et qui a été publié sous le titre « Autobiographie de l’Emir ». " ...

Pour lire les interventions de Henri Teissier et de Mohamed Boutaleb.


[1Il s’agissait du cent cinquantième anniversaire de la promulgation du dogme de l’Immaculée Conception.