
La police... une institution qu’il aime
« Sarkozy ne parle pas de la police. Il est la police. Il est l’ordre. L’ordre seulement, mais l’ordre complètement. Sa doctrine est faite : les loubards des banlieues n’ont pas de problèmes sociaux, ni de logement, ni de culture, ni d’emploi. Les pédophiles n’entrent pas dans la catégorie de l’acquis mais dans celle de l’inné, les récidivistes que la prison a largement amochés doivent y retourner le plus vite possible. Ils ont été jugés ? Aucune importance. Pour le même délit, déjà purgé, on va inventer “un suivi” en milieu fermé, c’est-à-dire une deuxième prison qui s’ajoute à la première, mais sans jugement. A quoi bon ? C’est l’Etat qui doit décider, c’est-à-dire l’exécutif, c’est-à dire la police. Il semble que notre président n’ait lu ni Tocqueville, ni Montesquieu, ni Benjamin Constant, il semble que la séparation des pouvoirs lui soit une énigme. Si l’on rend la justice Place-Beauvau, ce sera plus rapide. Et surtout plus près de l’Elysée. »
François Léotard [2]
Violences urbaines : le tour de vis de la police lyonnaise
Jeudi 22 octobre, 621 personnes, lycéens, étudiants et casseurs ont été contrôlés par les forces de l’ordre place Bellecour. Les jeunes ont été isolés vers midi, empêchés de sortir de la plus grande place lyonnaise durant 7 longues heures, après s’être livrés, pour certains, à des dégradations rues Saint-Hélène et de la Charité un peu plus tôt dans la matinée. 92 d’entre eux, sans papier d’identité, ont été ramenés à l’Hôtel de Police à 20h30 pour des contrôles plus approfondis. Une opération de police "un peu inédite", a estimé le préfet du Rhône.
560 CRS et gendarmes mobiles, une vingtaine de fonctionnaires de la police judiciaire, le GIPN, l’hélicoptère de la gendarmerie et deux camions à eau anti-émeutes ont été dépêchés sur place pour les encadrer. Un dispositif exceptionnel qui témoigne du tour de vis donné par la police lyonnaise ce jeudi pour venir à bout des émeutiers, en marge des manifestations contre la réforme des retraites.
Afin d’isoler les casseurs, les forces de l’ordre ont interdit les allées et venues entre la place Bellecour et le reste du deuxième arrondissement, formant un cordon de sécurité entre les lycéens et le cortège de manifestants venus réclamer leur libération à 14h.
En fin d’après-midi, sur décision préfectorale, les forces de l’ordre ont commencé à procéder au contrôle systématique de l’identité des jeunes retenus place Bellecour "afin d’identifier d’éventuels casseurs ". Pour ceux qui n’avaient pas leurs papiers d’identité sur eux, le contrôle, avec palpations, se poursuivait au poste de police. Une opération qui pouvait prendre jusqu’à quatre heures et se poursuivre jusque tard dans la soirée, a expliqué le préfet Gérault. [...]
En début de soirée, le préfet du Rhône a expliqué qu’il s’agissait d’une opération de police "un peu inédite ". Il tenait un point presse. Une opération justifiée "pour un groupe de personnes ayant montré une certaine dangerosité ", a-t-il poursuivi. Le directeur de la sécurité publique, Albert Doutre, présent, a quant à lui expliqué qu’il s’agissait de "s’assurer que les personnes isolées place Bellecour n’étaient pas recherchées par la police ". [...]
Depuis le début des manifestations étudiantes à Lyon jeudi dernier, 265 jeunes ont été arrêtés par les forces de l’ordre dont 36 ce jeudi (nombre arrêté à 17h). 27 d’entre eux sont passés en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Lyon depuis lundi, dont 12 majeurs, 11 d’entre eux avaient un casier judiciaire vierge et 15 mineurs, dont six avaient des antécédents judiciaires. Quatre mineurs ont été incarcérés ce jeudi à l’issue de leur jugement. Sur les 265 jeunes arrêtés depuis six jours, deux tiers étaient des mineurs, un tiers des majeurs. 90% étaient des garçons et un tiers étaient déjà connus des services de police.
Le préfet a également révélé que les jeunes venaient "d’une quinzaine de lycées de l’agglomération avec des groupes de trois à dix casseurs par établissement" . Les lycées où ils sont scolarisés seraient situés dans les 7e., 8e et 9e arrondissements de Lyon, à Décines, Bron, Vénissieux et Vaulx-en-Velin. Le préfet n’a pas souhaité nommer précisément les lycées pour ne pas stigmatiser les élèves.
« Qu’est-ce qui t’a pris exactement ? Je lis dans un journal que désormais la police française arrête des enfants... »
« Tu as eu raison de citer Guy Môquet. Cette jeunesse-là, intacte et fervente, qui s’abat d’un seul coup, laissant derrière elle le grand silence du courage, cette jeunesse-là, elle est belle et sans doute plus belle que la nôtre... J’aurais aimé qu’à côté de Guy Môquet tu cites Aragon, celui de « l’Affiche rouge ». Parce qu’il parle de Manouchian et que le poème d’Aragon est lové dans l’écriture de la dernière lettre du futur fusillé. Pourquoi dis-je cela ? Parce que ces étrangers “mais nos frères pourtant” ont davantage honoré la France que ces « bons Français » qui tranquillement la salissaient à Vichy. Parce que ce sont souvent des étrangers qui ont aimé notre pays plus que nous ne l’avons fait. Parce qu’ils portaient “des noms difficiles à prononcer”, parce qu’ils considéraient que peut-être dans le mot France il y avait un désir de droit et – qui sait – une résistance cachée. »
« Depuis que tu es à l’Elysée je suis inquiet. »
François Léotard [2]