« Nous allons mettre fin à des pratiques qui risqueraient de faire de la Grande-Bretagne un pays dont les citoyens auraient été tellement habitués enfant à voir violer leurs libertés, qu’ils l’accepteraient sans protester une fois adulte. »
Un coup d’arrêt au développement de la surveillance en Grande-bretagne
A l’occasion de son premier discours de politique générale [2], Nick Clegg, nouveau vice-premier ministre britannique a déclaré le 19 mai 2010 vouloir mettre un terme aux dérives sécuritaires du précédent gouvernement (travailliste).
Parsemant son intervention de fortes déclarations – « rogner les liberté n’a pas rendu les rues plus sûres », « que ceux qui respectent la loi soient traités comme des suspects est un scandale auquel nous allons mettre fin » – le leader libéral-démocrate a annoncé un certain nombre de mesures importantes :
- l’abandon du projet de carte d’identité,
[il n’existe actuellement pas de carte d’identité en Grande Bretagne] - l’abandon du projet de registre national d’identité et de celui des passeports biométriques de seconde génération,
- l’abandon du fichier centralisé des enfants,
[depuis janvier 2009, au prétexte de lutter contre la pédophilie et les mauvais traitements, les enfants anglais sont répertoriés dans un fichier centralisé nommé ContactPoint ; 400 000 personnes ont accès à ce fichier qui “facilite” les échanges d’informations entre différents organismes], - l’interdiction de recueillir à l’école les empreintes digitales des enfants sans accord préalable des parents,
- une réglementation du fichage de l’ADN des suspects avec limitation du fichage des personnes innocentes
[en décembre 2008, la Cour européenne des droits de l’Homme a condamné la Grande-bretagne pour avoir conservé les empreintes génétiques de près d’un million de personnes qui avaient été jugées innocentes], - une règlementation plus sévère de la vidéosurveillance,
- la fin de la surveillance systématique des courriers électroniques et des connexions Internet, sauf cas de nécessité,
- l’abolition de lois portant atteinte à la liberté d’expression ou de manifestation pacifique.
Commentaire de Big Brother Watch [3]
Toutes ces bonnes nouvelles répondent à notre Manifeste. Nous nous félicitons de ces promesses, mais le véritable défi sera de les mettre en oeuvre face à la forte opposition de l’administration (civil service).
Les autorités locales (local councils) et la police sont très attachées à la vidéosurveillance et au fichage de l’ADN – les bureaucrates aiment leur pouvoir ! – il y aura aussi des demandes visant à remplacer le fichier ContactPoint. Le gouvernement doit tirer les leçons des erreurs de son prédécesseur et ne pas céder à ces pressions.
Espérons que ce programme de réformes viendra à bout de ces milliers de lois hérités du précédent gouvernement qui sont dépourvues du soutien de la population et qui ont gâché (damage) la vie de millions de citoyens respectueux des lois.
Alex Deane
Une brève vidéo donne un aperçu du développement de la vidéosurveillance en Grande-Bretagne : http://www.globalpost.com/dispatch/....
