des témoignages et des questions sur les EPM


article de la rubrique prisons > enfermement et violences contre les jeunes
date de publication : lundi 11 février 2008


La Garde des Sceaux, Rachida Dati , s’est rendue samedi après-midi à l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu, à côté de Lyon. Un établissement où un adolescent s’était pendu une semaine plus tôt. La ministre voulait « soutenir l’ensemble des personnels ». Les nombreuses questions que se posent les adultes qui travaillent à l’intérieur ne l’ont visiblement pas effleurée. Elle ne pointe aucun dysfonctionnement. « Leur travail et la structure de l’établissement [ne sont] absolument pas remis en cause ».


Libération revient sur la mort de Julien, qui s’est évadé de l’EPM de Meyzieux en se suicidant.

Retour sur la vie de Julien, qui s’est pendu en prison à Meyzieu

Libération, 8 février 2008

On dirait une chambre d’enfant. Un lit bateau en bois, un poster de Charlot au mur, un singe en peluche près de l’oreiller. Julien avait 16 ans. Il s’est pendu samedi 2 février, dans sa cellule de l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu (lire). Il y était incarcéré depuis un mois et demi. Rachida Dati, en visite ce samedi à l’EPM, a demandé une enquête administrative. Le père de Julien aussi veut comprendre. Pourquoi son fils est mort dans cette prison, pourquoi il y est resté malgré plusieurs tentatives de suicide...

Julien, 16 ans depuis septembre, est né d’un père qui s’appelait Mohamed mais a changé pour Sébastien, et d’une mère fragile, partie lorsque l’enfant avait huit mois. Elle a voulu le revoir, lorsqu’il avait 9 ans, mais il a refusé, a sauté par la fenêtre le jour où elle est venue. Il vivait chez son père et sa belle-mère, avec ses quatre frères, dans une assez grande maison d’un lotissement de Montélimar. « Il ne parlait pas beaucoup, dit Sébastien, technicien en radio protection dans des centrales nucléaires. Il était moyen à l’école, mais poli, respectueux. Il était gâté à la maison, il ne manquait de rien. » De rien sauf d’une mère.

Tentatives.

Les actes de petite délinquance ont commencé voilà quatre ans, le père datant précisément la rupture. « En cinquième, raconte-t-il, il a fait une bêtise. Il a baissé son pantalon dans la cour. Le collège m’a prévenu. » Et le soir, Sébastien a frappé son fils. Celui-ci s’est plaint le lendemain à l’infirmerie du collège. « Une assistante sociale est venue à la maison, poursuit Sébastien. J’ai été convoqué par un juge pour enfant. » Une mesure d’éducation en milieu ouvert a été décidée et le père s’est senti destitué. « J’avais perdu toute crédibilité, dit-il. Je ne pouvais plus intervenir. Si je me fâchais, il me disait que je n’avais pas le droit. »

Le garçon entame un parcours de petit voyou. Vole un scooter un jour, casse une vitre le lendemain pour piquer un CD, dérobe du linge dans un jardin. Le juge l’envoie chez un psychiatre, mais Julien ne parle pas. « Plus personne n’avait de prise, dit le père. Il faisait n’importe quoi pour se faire remarquer. Je savais que c’était des appels au secours, mais comment l’aider ? » Les convocations au commissariat se multiplient, sans conséquence, puis l’addition tombe, à l’automne 2007. Julien, 16 ans depuis septembre, écope de deux mois de prison ferme, le 28 novembre.

Un aménagement de peine est cependant envisagé pour lui éviter l’incarcération. Mais le procureur en décide autrement. Après un incident dans le centre de placement immédiat où se trouve Julien, il l’envoie à l’EPM de Meyzieu. La loi Perben II de mars 2004 autorise le parquet à passer outre l’avis des juges et des éducateurs pour envoyer un mineur en détention, en cas « d’urgence motivée par un risque pour les personnes ou les biens ». Alain Fort, l’avocat de la famille, dénonce « l’utilisation croissante de ce texte épouvantable pour contourner les aménagements de peine ».

Julien se démet l’épaule au bout de quelques jours. En essayant de se pendre, expliquait lundi la direction interrégionale de l’administration pénitentiaire. L’administration centrale affirme à présent qu’il avait glissé. Elle indique en revanche qu’une tentative a bien eu lieu le 26 décembre. Le père est prévenu par les médecins. Il obtient un premier permis de visite le 5 janvier. « Julien ne supportait pas d’être là-bas », dit-il.

Le garçon change quatre fois d’unité de vie. « Les personnels ont bataillé pour essayer de le sauver, affirme l’administration pénitentiaire. Il était dans la transgression absolue, dans la volonté suicidaire maximale. » Un EPM était-il l’endroit idéal, pour un adolescent suicidaire ? Dès le 14 janvier, une place est réservée pour Julien dans un centre éducatif renforcé, en Haute-Loire. « Il m’en a parlé la dernière fois que je l’ai vu, raconte le père. C’était le 16 janvier. C’était une question de jours, il avait hâte de partir. Pour la première fois, il m’a fait des excuses pour tout ce qui était arrivé. Je suis reparti soulagé. »

« Privé de parloir ».

Neuf jours plus tard, Julien est toujours à l’EPM. Il met le feu à ses vêtements et sa cellule prend feu. L’administration pénitentiaire envoie alors une lettre au père pour lui demander s’il a une assurance, et Julien passe devant un juge, qui prend un mandat de dépôtest décidé. Il ne peut plus quitter l’EMP. « Le vendredi qui a suivi, une éducatrice m’a téléphoné, raconte le père. Elle m’a expliqué que Julien était privé de parloir pour une semaine. » L’administration conteste ce point. Le lendemain, un surveillant a découvert l’adolescent à midi, un drap serré autour du cou. Le père a passé son dimanche auprès de lui. « Il semblait dormir, raconte-t-il. Son cœur battait encore, mais son cerveau était mort. » Il a prévenu la mère, qui a pu passer l’après-midi auprès de ce fils qu’elle n’avait jamais revu. Puis lundi, le père a demandé aux médecins de débrancher les appareils qui maintenaient leur fils en vie.

Ol.B.

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La France est le pays en Europe qui a le plus fort taux de suicide en prison et ce phénomène est connu de nos élus.
C’est aussi le pays qui pour résoudre les problèmes crée des commissions. C’est naturellement la solution que Christine Boutin,alors députée, avait préconisée en ... décembre 2002. Cinq ans plus tard, on aimerait savoir ce qu’il est advenu de cette proposition !

PROPOSITION DE RÉSOLUTION N° 447 tendant à la création d’une commission d’enquête sur les suicides en prison.
PRÉSENTÉE PAR MME Christine BOUTIN,, députée.
Enregistrée à la Présidence de l’Assemblée nationale le 2 décembre 2002.  [1]

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Jeudi 31 octobre 2002 à 11 h 50, les surveillants de la maison d’arrêt de Tarbes ont découvert un détenu pendu dans sa cellule. Âgé de 33 ans, il avait été placé en détention provisoire au mois de septembre dans le cadre d’une affaire de stupéfiants. Il s’agit du quatrième suicide constaté dans la maison d’arrêt de Tarbes depuis le mois d’avril. C’est également le troisième en un mois et demi.

Le suicide des détenus n’est pas une exception de la vie carcérale française. Depuis le début de l’année 2002, 106 personnes détenues dans nos prisons se sont données la mort. L’année précédente, 104 détenus avaient mis fin à leurs jours. La hausse des chiffres est indiscutable : en vingt ans le taux de suicide dans nos prisons a doublé. En quinze ans, plus de 1 500 détenus ont intenté à leurs jours. Un constat : en 2001 plus de la moitié des décès ayant eu lieu en prison ont comme origine un suicide (104 suicides pour 203 décès en 2001). En d’autres termes, on se suicide sept fois plus en prison qu’au dehors.

On connaît les caractéristiques du suicide carcéral. La plupart ont lieu dans les cellules propres des détenus, la nuit et par pendaison. L’été et le mois de janvier sont les périodes de l’année les plus difficiles pour les détenus. On constate de la même manière que les lundi et samedi sont les jours où les suicides sont les plus nombreux. Par ailleurs, certaines phases de la détention sont plus propices au passage à l’acte : l’incarcération, la condamnation, le temps qui précède la libération. Le risque de commettre un suicide est plus grand parmi les prévenus que chez les condamnés. Les détenus qui sont écroués pour des atteintes contre les personnes et notamment pour des incriminations à caractère sexuel sont les premiers à se donner la mort. Enfin, près d’un suicide sur cinq a lieu au sein des quartiers disciplinaires et d’isolement.

Le suicide est le symptôme d’un trop grand décalage entre la vie carcérale et la vie libre. Il est la manifestation combinée d’un mal être de la personne détenue et de l’inadéquation de l’organisation et des pratiques de l’institution pénitentiaire (conclusions du rapport de 1999 sur le bilan du programme de prévention initié dans onze prisons pilotes). Le dépistage et la prévention des comportements suicidaires sont donc affirmés comme une des priorités de l’administration pénitentiaire. Mais en matière pénale et carcérale, les responsabilités sont partagées. Les pouvoirs publics sont interpellés.

Aussi apparaît-il légitime et opportun de créer, au sein de l’Assemblée nationale, une commission d’enquête sur les suicides dans nos prisons. Cette commission auditionnera les différents protagonistes du milieu pénitentiaire mais également des professionnels du milieu médical et d’anciens détenus. Elle aura à cœur de mettre en lumière les causes réelles de l’augmentation des suicides en milieu carcéral.

La vocation de cette commission d’enquête est donc de pouvoir donner à l’institution pénitentiaire les moyens nécessaires pour restaurer le détenu dans sa dimension de sujet et d’acteur de sa vie et non pas seulement de le contraindre à ne pas mourir. Car le suicide en prison apparaît comme l’affirmation qu’à la privation de liberté correspond la privation de la vie du détenu et l’augmentation des suicides en est la preuve renforcée. L’objectif de cette commission d’enquête est donc l’étude et la création des moyens donnés à l’administration pénitentiaire pour permettre de clarifier le sens de la peine.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

Article unique

Il est créé, en application des articles 140 et suivants du Règlement, une commission d’enquête parlementaire de trente membres sur les suicides en prison.

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Dans un article de Rue89, Chloé Leprince fait état de la fracture qui est en train d’apparaitre entre, d’un côté, ceux qui acceptent d’aller travailler en EPM et ceux qui s’y refusent, à l’instar des pétitionnaires de Loire-Atlantique :

Prisons pour mineurs : série noire et polémique

Rue89, le 5 février 2008

Suicide d’un détenu à Lyon,
évasions à Marseille,
bronca des éducateurs à Nantes :
les centres créés par Rachida Dati font débat.

Samedi, un détenu de 16 ans incarcéré depuis le 17 décembre, s’est suicidé à la prison pour mineurs de Meyzieu (Rhône). Il se serait pendu dans sa cellule à une bouche d’aération. C’est le premier suicide d’un jeune dans l’un des Etablissements pénitentaires pour mineurs (EPM), lancés en juin 2007 par Rachida Dati.

Mauvaise nouvelle pour l’administration pénitentiaire : ce décès s’est doublé, en moins de quarante-huit heures, de deux évasions réussies à l’EPM de Marseille.

C’est dans ce contexte que le cinquième établissement du genre ouvrait ses portes ce mardi matin, en Loire-Atlantique. Mais depuis quelques jours, l’inauguration de la prison pour mineurs d’Orvault, près de Nantes, fait des vagues. Une pétition a commencé à circuler fin janvier, intitulée "La place des enfants n’est pas en prison, Nous ne travaillerons pas en EPM !". Signé par près de 150 éducateurs, dont beaucoup sont originaires des Pays-de-Loire, ce manifeste dénonce la détention pour les moins de 18 ans, une sanction jugée "criminogène".

Coordinateur de la mobilisation et lui-même conseiller d’éducation dans le secondaire, Philippe Dubacq explique que l’opération a pour but de "refuser publiquement la logique de l’enfermement, et créer un débat dans les professions concernées par ce thème". Pour l’instant, le personnel du nouvel EPM a été recruté sur la base du volontariat.

Inauguré la semaine dernière, l’établissement d’Orvault devait accueillir ce mardi ses premiers jeunes. Cinquième du genre depuis la création des EPM en juin 2007, la structure est destinée à un maximum de soixante mineurs entre 13 et 18 ans. Du côté du gouvernement, on valorise depuis leur lancement la dimension éducative de ces prisons ciblées. Sachant qu’au 1er juin 2007, le ministère avançait le chiffre de 784 mineurs détenus en France. C’est-à-dire 1,2% de la population carcérale.

Fracture entre deux générations d’éducateurs

Signataire de la pétition des Pays-de-Loire, Claude Théodore travaille à la PJJ (la protection judiciaire de la jeunesse) depuis 1979. Syndicaliste SNPES-FSU dans les Hautes-Pyrénées, elle s’était déjà opposée à l’ouverture des deux premiers EPM, en juin 2007. Dont celui de Meyzieu, près de Lyon, où le jeune de 16 ans a été retrouvé mort le week-end dernier.

Claude Théodore dénonce la fracture apparue au sein de sa profession avec cette nouvelle génération d’établissements. Pour cette syndicaliste, qui dit avoir "très peu de retours sur ce qui se passe vraiment dans les EPM", les éducateurs sont en effet en train de se déchirer entre, d’un côté, ceux qui acceptent d’aller travailler en EPM et ceux qui s’y refusent, à l’instar des pétitionnaires de Loire-Atlantique :

"A la sortie de la formation, on fait miroiter aux éducateurs fraîchement diplômés des postes à pourvoir et des primes. Ils trouvent du travail car notre génération refuse d’y aller. Mais l’histoire ne va pas dans le bon sens : quand j’ai démarré ma carrière, en 1979, nous militions précisément pour la fermeture des grosses structures d’éducation surveillée, où l’on enfermait les mineurs.

"On revient en arrière, et, à force de faire du "tout pénal", il commence à y avoir une confusion dans la tête des jeunes entre ce qu’est un éducateur et ce qu’est un surveillant de prison."

"Ce n’est pas en occupant un jeune non stop qu’on va le faire réfléchir"

Pour Claude Théodore, qui doute qu’on puisse vraiment "faire de l’éducatif en prison", le nouveau dispositif peut même se révéler contre-productif. Elle qui travaille en milieu ouvert à Tarbes a déjà suivi, ces derniers mois, dans le cadre de son service, "deux ou trois jeunes" à leur sortie de l’EPM de Lavaur ;

"Franchement, quand on les écoute, on se demande parfois si ce n’est pas mieux que la colonie de vacances ! Ce n’est pas en occupant un jeune non stop, du lever au coucher, qu’on va le faire réfléchir sur son acte. Il faut un temps de pause pour qu’il puisse prendre conscience."

Cette critique d’une vie collective permanente, y compris pendant les repas, prend à rebrousse-poil le discours du gouvernement, qui vante des jeunes pris en charge "quatorze heures par jour". Pour Claude Théodore, l’EPM de Meyzieu, dans le Rhône, était devenu "une vraie cocotte-minute". Dès les premiers mois, les éducateurs dénonçaient une "suractivité" et les "journées interminables" pour les jeunes détenus.

Comme d’autres, la syndicaliste de la PJJ de Tarbes souligne par ailleurs que la mixité de ces établissements peut poser problème. A l’inauguration des premiers centres, en juin 2007, le ministère de la Justice avait fait savoir que "quatre à six places" seraient réservées aux filles dans chaque établissement.

Chloé Leprince

Communiqué du SNPES PJJ/FSU,

Syndicat National des Personnels de l’Education et du Social

EPM : UN MONSTRE CARCERAL

Paris, le 8/02/2008

Parmi les 7 Etablissements Pénitentiaires pour mineurs prévus par la loi, 5 ont été ouverts, à grand renfort de communication médiatique et de banalisation de l’incarcération : comme l’ancien Garde des Sceaux se plaisait à le proclamer, les EPM ne seraient que "des salles de classe entourées de murs aux couleurs vives". Le suicide d’un adolescent à l’EPM de Meyzieux est venu rappeler dramatiquement aux idéologues et apprentis sorciers qu’une prison resterait une prison avec son cortège de violence subie et de loi du silence.

Malgré cela, les EPM sont présentés par le Ministère de la Justice et la direction de la PJJ comme un modèle destiné à améliorer les conditions de détention. Selon eux, cette amélioration n’était pas possible dans les quartiers mineurs. Pourtant, ils en ont gardé un grand nombre qui servent à trier les jeunes, en orientant les plus difficiles en quartier mineurs et les autres en EPM, au nom d’un choix assumé par la DPJJ d’afficher ces établissements comme des « prisons éducatives ». En fait, il s’agit d’un alibi pour le Ministère de la Justice qui peut faire peu de cas des conditions de détention. Ainsi, l’administration pénitentiaire n’hésite pas à prévoir des transferts de jeunes condamnés de la région de Marseille vers la prison de Borgo en Corse, après avoir décrété qu’ils n’avaient pas beaucoup de visites de leur famille. De même, en contradiction avec les décrets sur la détention des mineurs, certaines unités d’EPM, « des unités strictes », sont utilisées dans une logique disciplinaire, à des fins d’isolement des jeunes jugés ingérables en collectif. L’écart est immense entre une ambition proclamée et la réalité des faits !

Depuis le début, le SNPES-PJJ dénonce l’alibi de l’amélioration des conditions de détention et combat les EPM. Le programme d’EPM particulièrement coûteux illustre les priorités d’une politique répressive menée à l’égard des jeunes qui commettent des délits au détriment de structures éducatives. Pour habiller cette politique, un projet absurde et dangereux a été conçu : le binôme éducateur-surveillant, des activités permanentes et obligatoires, une organisation en groupe de jeunes qui se voudrait calquée sur celle des foyers et qui oublie les murs de la prison. Aujourd’hui, cet habillage éducatif vole en éclats. Les mineurs qui subissent l’angoisse de la situation carcérale trouvent un exutoire à celle-ci pendant les temps collectifs en s’engouffrant dans des rapports de violence. La massivité de ces temps et le caractère obligatoire des activités décuplent ces phénomènes de groupe. Ceux-ci sont amplifiés par la prégnance du système disciplinaire carcéral qui ne permet ni la parole libre, ni les espaces de négociation. La présence d’éducateurs PJJ ne changera rien à cette affaire. C’est sur la base de constats semblables que, dans le passé, de tels établissements ont été définitivement fermés, que les éducateurs de la PJJ sont sortis des prisons et que le suivi des mineurs incarcérés a été organisé de l’extérieur. Plutôt que de s’engager dans cette voie, le directeur de la PJJ persiste à défendre coûte que coûte les priorités gouvernementales et renvoie l’explication de l’inacceptable au manque d’expérience et de savoir faire des professionnels de l’EPM.  Ce décès ne peut être de la seule responsabilité de l’administration pénitentiaire, il est aussi de la responsabilité de la direction de la PJJ. La question de l’existence des EPM, de ce qui s’y fait et de ce qui s’y passe, concerne aussi chaque professionnel de la PJJ. Au moment où le rapport de la Défenseure des Enfants souligne l’absence totale de prévention en matière de suicide des adolescents, il est révoltant de voir attribuer autant de moyens à de nouvelles prisons au détriment de toutes les mesures éducatives qui peuvent contribuer à cette prévention.

Le SNPES-PJJ continue de dénoncer :

  • le leurre d’une action éducative en prison alors que la logique carcérale s’impose à toute autre logique comme viennent de l’illustrer les deux évasions récentes de l’EPM de Marseille.
  • l’imposture destinée à faire croire à l’opinion publique que les EPM sont des lieux éducatifs privilégiés pour la réinsertion des adolescents en difficulté.
  • une politique répressive qui place l’incarcération au cœur de la réponse aux passages à l’acte des adolescents.
  • le véritable gâchis financier et humain que constituent les EPM.

C’est pourquoi, il appelle à continuer la mobilisation contre ces structures, à rejoindre les collectifs anti-EPM, les réseaux de lutte contre les lois sécuritaires pour obtenir leur fermeture.

D’ores et déjà, le SNPES exige une audience auprès du directeur de la PJJ.

Il appelle les personnels de la PJJ à participer à toutes les mobilisations et en particulier :

  • à la manifestation régionale, samedi 9 février 2008 à 15h30, de la mairie de Meyzieu (69) à la prison pour mineurs.
  • au rassemblement, samedi 16 février 2008 à 14 heures, salle Kergomard à Limay Porcheville (78) où un 6ème EPM devrait ouvrir en mars 2008.

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