Depuis la rentrée de janvier, des directeurs d’écoles maternelles et élémentaires reçoivent de leur inspection académique des formulaires d’enquête destinés à l’information des familles et au recueil des demandes d’inscription pour l’enseignement des langues et cultures de certains pays d’origine (Algérie, Croatie, Espagne, Italie, Maroc, Portugal, Serbie, Tunisie et Turquie).

Cet enseignement s’adresse :
- aux enfants de la nationalité concernée,
- aux enfants dont au moins un des deux parents possède ou a possédé cette nationalité,
- et, d’une façon générale, aux enfants de familles originaires du pays en question.
Les directeurs doivent photocopier et distribuer ces imprimés aux familles dont les enfants, scolarisés de la grande section de maternelle au CM2, se trouvent dans l’une des trois situations précédentes (voici par exemple l’imprimé destiné aux familles turques).
Ensuite, les directeurs doivent récupérer tous les imprimés d’enquête distribués – que la réponse de la famille soit négative ou positive –, compléter les tableaux joints (voici par exemple le tableau récapitulatif qui concerne les Algériens, Marocains et Tunisiens ), et les transmettre, accompagnés de l’ensemble des fiches réponses nominatives des familles – toutes les réponses, négatives ou positives –, à l’Inspecteur de l’Education Nationale de la circonscription. Des informations pour remplir les tableaux sont fournies dans la note technique ci-dessous [1].
Un fait nouveau
Jusqu’à présent l’enseignement de langue et de culture de la nationalité d’origine était proposé sur la base du volontariat. Mais il s’agit, cette année, de collecter tous les enfants de “culture d’origine” maghrébine ou turque.
On ne voit pas en quoi la connaissance des enfants d’origine étrangère qui ne souhaitent pas suivre l’enseignement proposé (à supposer qu’il soit effectivement proposé) peut être utile à l’administration de l’Education nationale. En revanche, il est facile de comprendre que ces informations peuvent intéresser d’autres administrations !
Sous un gouvernement dont l’une des obsessions est de purger notre pays de tous les éléments étrangers en “situation irrégulière”, comment ne pas voir dans ce recensement des élèves de “culture d’origine” maghrébine ou turque un moyen pour ficher un grand nombre des enfants de nationalité étrangère ?