Emigration clandestine : Frontex intercepte 300 clandestins asiatiques au large de nos côtes
Un patrouilleur italien du dispositif européen de contrôle des frontières (Frontex) a intercepté au large du Sénégal un bateau transportant 300 immigrants illégaux d’origine indienne et pakistanaise, a indiqué vendredi l’ambassade d’Italie en Espagne. Ce bateau, battant pavillon nord-coréen et baptisé ‘Happy Day’, a été intercepté jeudi après-midi à 80 miles au large de Dakar par le patrouilleur italien ‘Dattilo’, selon un communiqué de l’ambassade italienne à Madrid.
« Les six membres de son équipage ont été arrêtés mais ils sont encore actuellement à bord du bateau », ajoute le communiqué, qui souligne la collaboration de’« deux officiers sénégalais » dans cette opération. Cette interception est « une démonstration de plus de l’étroite collaboration entre les pays intégrant Frontex, notamment l’Espagne et l’Italie, dans la prévention de l’immigration clandestine », précise l’ambassade d’Italie. Le communiqué italien ne précise pas ce que va devenir le bateau nord-coréen. « Le gouvernement remplit ses obligations qui consistent à entamer des conversations diplomatiques avec les pays d’origine de ces immigrants pour qu’ils y retournent », a déclaré la vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega, à l’issue du conseil des ministres de vendredi.
Plus tôt dans la journée vendredi, un membre de l’équipe sénégalaise de Frontex, le capitaine Mouhamadou Moustapha Sylla, avait déclaré à l’Afp que ce bateau ne se trouvait pas dans l’espace maritime sénégalais et avait démenti son interception.
Frontex a mis en place en février 2006 un dispositif de contrôle de l’émigration clandestine au large du Sénégal et de la Mauritanie avec des moyens navals et aériens apportés par l’Espagne, la France, l’Italie et le Luxembourg. Ces contrôles visent, principalement, à empêcher l’arrivée d’immigrants illégaux sur l’archipel espagnol des Canaries, où plus de 31 000 clandestins, essentiellement sub-sahariens, ont débarqué en 2006 et plus de 1 500 depuis le début de l’année.
Début février, un bateau parti de Guinée et transportant plus de 300 clandestins asiatiques et africains avait été secouru en haute mer et remorqué par un navire espagnol à Nouadhibou (Mauritanie).
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L’Europe fait barrage aux clandestins
Madrid a convaincu l’UE de l’aider à enrayer l’immigration croissante via les Canaries

L’opération « anticayucos » est lancée. Les cayucos, c’est-à-dire ces embarcations de fortune à bord desquelles des milliers d’émigrants d’Afrique occidentale tentent de rejoindre clandestinement le Vieux Continent. Après des demandes insistantes, Madrid a enfin convaincu ses partenaires européens de l’aider à enrayer l’immigration croissante via les îles des Canaries. Depuis le début de l’année, en provenance des côtes mauritaniennes, sénégalaises ou cap-verdiennes, plus de 10 000 Africains ont pu rejoindre par mer l’archipel espagnol. Soit davantage que durant toute l’année 2002 année record, avec 9 929 arrivées clandestines.
Réunis à Madrid sous l’impulsion de l’agence européenne des frontières (Frontex), quatorze pays se sont mis d’accord sur un plan d’action pour tenter d’enrayer les départs de cayucos vers les Canaries. L’opération doit commencer début juillet, les mois d’été étant en général ceux où l’immigration par mer est la plus intense. Escortés par un hélicoptère et un avion, quatre navires (deux fournis par l’Espagne, les deux autres par l’Italie et la France) auront la mission de patrouiller le long de ces côtes africaines. La Mauritanie a déjà donné son feu vert, les autorisations du Cap-Vert et du Sénégal sont imminentes, selon Madrid.
Ce déploiement sécuritaire, dont le poste de commandement sera situé dans l’île canarienne de Tenerife, n’aura pas seulement un rôle dissuasif. Le cas échéant, les policiers européens intercepteront les cayucos dans les eaux territoriales des pays concernés, avant de débarquer les passagers clandestins à leur point de départ. Même si Madrid a offert quatre autres bateaux-patrouilles à la Mauritanie, il est peu probable que les moyens prévus (l’enveloppe totale ne dépasse pas 4 millions d’euros) soient suffisants pour stopper ces traversées du désespoir. D’autant que le détroit de Gibraltar étant de plus en plus « verrouillé » par les polices hispano-marocaines, la route maritime vers les Canaries demeure la voie préférée par les mafias de l’immigration opérant depuis l’Afrique. [2]
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L’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne a été créée par le règlement (CE) n° 2007/2004 du Conseil (du 26 octobre 2004, JO L 349 du 25.11.2004). [3]

FRONTEX coordonne la coopération opérationnelle entre les États membres en matière de gestion des frontières extérieures, assiste les États membres pour la formation des garde‑frontières nationaux, y compris dans l’établissement de normes communes de formation, effectue des analyses de risques, suit l’évolution de la recherche dans les domaines présentant de l’intérêt pour le contrôle et la surveillance des frontières extérieures, assiste les États membres dans les situations qui exigent une assistance technique et opérationnelle renforcée aux frontières extérieures et fournit aux États membres l’appui nécessaire pour organiser des opérations de retour conjointes.
FRONTEX travaille en liaison étroite avec d’autres partenaires de la Communauté et de l’UE chargés de la sécurité aux frontières extérieures, tels qu’EUROPOL, CEPOL et l’OLAF, de la coopération douanière et de la coopération en matière de contrôles phytosanitaires et vétérinaires, afin de promouvoir la cohérence générale.
FRONTEX renforce la sécurité aux frontières en assurant la coordination des actions des États membres dans le cadre de la mise en œuvre des mesures communautaires relatives à la gestion des frontières extérieures.
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- « Un signal fort ... » (Photo Félix Golési)
Exercice européen au large des îles d’Hyères
La France a donné, hier, un signal fort à l’agence européenne de lutte contre l’immigration illégale en mettant en oeuvre ses moyens maritimes et aériens au large de Hyères. [4]
Se donner les moyens, au niveau européen, de lutter contre l’immigration clandestine. Voilà le message envoyé, hier, dans la rade d’Hyères, à bord de la frégate Courbet, par Christian Estrosi, ministre délégué à l’Aménagement du territoire à l’occasion de l’opération Frontex [5]). Créée en 2005, l’agence européenne pour la gestion opérationnelle entre les Etats membres vise à mutualiser les moyens dans la lutte contre l’arrivée de clandestins.
C’est ainsi qu’à quelques encablures de Port-Cros, le représentant du ministre de l’Intérieur, accompagné de M. Laitinen, directeur général de Frontex, a assisté à un exercice de démonstration en grandeur nature, dirigé par Jean Tandonnet, préfet maritime de la Méditerranée. Il s’agissait de simuler l’interception d’un bâtiment suspecté de transporter des clandestins.
La Méditerranée française peu touchée
Le survol de deux aéronefs et l’intervention de quatre bâtiments de la Marine nationale et de la gendarmerie maritime étaient là pour afficher l’implication de l’Etat français dans la lutte contre l’immigration clandestine. « Nicolas Sarkozy avait promis au vice-président de la commission européenne, Franco Frattini, que la France mobiliserait des moyens maritimes, aériens, civiles et militaires dans le cadre de Frontex. » Preuve est faite au large... d’Hyères.
Quid toutefois de l’utilisation de ces moyens sur les côtes méditerranéennes françaises ? Chacun l’admet, l’immigration illégale par voie maritime sur les côtes méditerranéennes françaises n’est pas un problème important...
950 Kurdes débarquent en 2001 sur les plages varoises
« Nous avons été échaudés en février 2001 par l’arrivée de 900 Kurdes sur les plages de Saint-Raphaël. Ce problème, humanitaire avant tout, nous a touchés. Depuis, nous avons des dispositifs de prévention (survol en avions, bateau de surveillance et utilisation des sémaphores) pour anticiper des débarquements », a expliqué le préfet de Région. Mais peu de clandestins se risquent à débarquer sur le littoral du grand Sud. Les pays les plus touchés restent l’Espagne, l’Italie, Malte, la Grèce.
Outre son soutien sans faille à l’européanisation des moyens matériels et humains, Christian Estrosi a rappelé que « la France entend choisir ses flux migratoires » et reconduire, dans des conditions dignes, les personnes entrées illégalement sur le territoire.
Il souligne toutefois que « le pays reste une terre d’asile pour les réfugiés politiques (10000 cartes de résidents attribuées l’an dernier) et que cette lutte contre l’immigration clandestine est aussi un combat contre les filières exploitant la misère de pauvres gens. »