parrainages républicains à Ramatuelle


article de la rubrique les étrangers > les mineurs
date de publication : samedi 15 juillet 2006



Le réseau Resf a organisé en fin d’après-midi de jeudi 13 juillet une série de parrainages républicains, dans le village de vacances Léo Lagrange de Ramatuelle, dans le cadre des manifestations de l’association « La République nous appelle ! ».

Répondant à l’appel de l’ASTI (Association de solidarité avec les travailleurs immigrés) de Fréjus et de la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme, les élus de gauche suivants du Var ont solennellement accepté de parrainer sept jeunes menacés d’expulsion :

Jean-Claude Alberigo, conseiller municipal de Hyères,
Robert Alfonsi, vice-président du Conseil régional PACA,
Hélène Blanc, conseillère municipale de Trans,
Joël Canapa, vice-président du Conseil régional PACA,
Pierre Daspre, conseiller municipal de Cogolin,
Laroussi Oueslati, conseiller régional PACA,
Mireille Peirano, conseillère régionale PACA,
Michel Pineau, conseiller municipal de Cogolin.

L’événement a bénéficié d’une bonne couverture médiatique, avec notamment un reportage au JT régional de France 3-Côte d’Azur, vendredi 14 juillet à 19 h. Vous trouverez ci-dessous l’article qui relate l’événement dans l’édition du 15 juillet de Var-Matin.

Après ce second parrainage [1], nous comptons en organiser d’autres. Nous faisons appel à tous les élus républicains (de gauche ou de droite) qui souhaitent s’associer publiquement à notre démarche : contactez-nous [2].

Ramatuelle : parrainage de sept enfants menacés d’expulsion

Sept élus mobilisés lors des « journées républicaines » pour éviter à tout prix l’expulsion de jeunes sans-papiers, marocains et turcs.

Un mois, jour pour jour. C’est le temps qu’il reste aux milliers « d’élèves sans-papiers » et à leurs familles, avant d’être fixés sur leur sort : régularisation, ou... expulsion vers leur pays d’origine.

Pour s’opposer à cette seconde éventualité, les « parrainages républicains » se sont multipliés partout en France au cours des derniers mois. A l’initiative de l’Asti (Association de solidarité avec les travailleurs immigrés) de Fréjus, et de la Ligue des droits de l’homme de Toulon, le Var s’est inscrit jeudi dans cette démarche. Une cérémonie symbolique a été organisée au village de vacances Léo Lagrange de Ramatuelle, dans le cadre de « journées républicaines ». Sept élus de gauche de la région PACA ont répondu présents, avec un seul mot d’ordre : empêcher par tous les moyens, y compris illégaux, l’expulsion de sept enfants âgés de 4 à 16 ans, qui avaient accepté de sortir de l’ombre.

« Situation aberrante »

Joël Canapa, vice-président (PC) du conseil régional, espère ainsi que « le fait de médiatiser ces enfants en les plaçant sous la protection d’élus sera suffisant ». Il affirme aussi vouloir - s’opposer physiquement à l’expulsion - en cas d’échec. Une possibilité également évoquée par le conseiller régional Laroussi Oueslati, pour qui « le fait de violer une loi injuste constituerait un acte de résistance légitime ». Tarik Belkhodja, directeur de l’Asti, préfère parler des enfants, et de la situation « aberrante »v dans laquelle ils se trouvent : « Tous sont scolarisés et intégrés. La moitié d’entre eux est née en France, et on veut les renvoyer au Maroc et en Turquie, pays qu’ils ne connaissent même pas ».

Il dénonce « un rétablissement de la double peine, en totale contradiction avec les déclarations passées de M Sarkozy  ».

En outre, toujours selon Tarik Belkhodja, ces sept enfants ne seraient que la partie visible de l’iceberg : « Plusieurs centaines d’autres sont menacées d’expulsion dans le département », estime-t-il, tout en reconnaissant que l’Asti n’a eu qu’« une vingtaine de dossiers à traiter jusqu’à présent ».

Côté préfecture, le nombre exact de demandes de régularisation déposées depuis la fin de l’année scolaire ne sera pas communiqué avant la date limite du 15 août.

Le préfet Pierre Dartout jugeait toutefois que «  très peu de familles pourraient rentrer dans les critères de régularisation » fixés par le ministère de l’Intérieur.

Cédric Molle-Laurençon - Var-Matin, 15 juillet 2006

Notes

[1] Le premier était le parrainage de N’Gamet, le 5 juillet dernier, à Toulon.

[2] Pour l’ASTI, vous pouvez téléphoner au 04 94 53 51 38 (répondeur), et pour la LDH de Toulon au 06 74 74 56 53 (répondeur).


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