Resf dans le Var


article de la rubrique les étrangers > les mineurs
date de publication : samedi 15 juillet 2006


  • Vous pouvez contacter l’ASTI (Association de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés)de Fréjus au 04 94 53 51 38 (répondeur),
  • pour l’agglomération toulonnaise, vous pouvez prendre contact avec la LDH de Toulon au 06 74 74 56 53 (répondeur).

Faute morale [1]

Depuis le 3 juillet, et jusqu’au 15 août, les préfectures vont examiner, au cas par cas, les demandes de régularisation des parents sans papiers d’enfants scolarisés. Le 13 juin, dans une circulaire aux préfets, Nicolas Sarkozy avait énoncé six critères nécessaires à une régularisation, parmi lesquels la "scolarisation effective" depuis septembre 2005, la naissance en France ou l’arrivée des enfants avant l’âge de 13 ans, l’absence de lien entre l’enfant et le pays dont il a la nationalité, ainsi que la "réelle volonté d’intégration" des familles. Une circulaire qualifiée d’"humaine" et "généreuse" par Arno Klarsfeld, le médiateur nommé par M. Sarkozy.

Dans cette France où l’enracinement des idées racistes du Front national se poursuit, un réel mouvement de solidarité s’est développé. A l’initiative de la Ligue des droits de l’homme, de nombreuses personnalités du monde politique, artistique et culturel ont signé un texte exprimant leur "nausée devant la multiplication de ces situations où des enfants, des adolescents sont les premières victimes d’une politique devenue folle". "Lorsque la loi viole des principes aussi élémentaires, c’est notre devoir de citoyens, notre devoir de conscience de ne pas s’y plier", ont-ils ajouté. Des syndicats et des Eglises se sont indignés de cette "chasse à l’enfant", et les parrainages de sans-papiers se sont multipliés.

Aucun principe, aucune loi ne peuvent conduire un pays attaché aux droits de l’homme à imaginer expulser des enfants en cours de scolarité qui, même si leurs parents sont sans papiers, n’ont pas d’autre pays que la France. Il s’agit d’une faute morale et d’une erreur politique. En 1994, en Californie, l’adoption de la proposition 187 prétendait exclure de leurs écoles 300 000 enfants de sans-papiers. La mobilisation de l’opinion avait conduit les tribunaux à invalider cette loi. On peut espérer qu’en France le mouvement en cours permettra d’arriver au même résultat. Sans oublier qu’il ne s’agit que de la partie visible du problème et que la nouvelle loi Sarkozy sur l’immigration risque, demain, d’être une nouvelle fabrique de sans-papiers.

Notes

[1] Extrait de l’éditorial du Monde daté du 6 juillet 2006


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