
- à 7h51, Sarkozy monte dans le TER 17430 à destination de Marseille (© Felix Golesi/AFP)
Lundi 16 janvier 22006, le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, prend place à Toulon dans le TER 17430, pour lancer sa police ferroviaire depuis ce train, théâtre le 1er janvier d’incidents qui avaient suscité une vive émotion en France. Les 2 450 policiers et gendarmes qui la composeront, ne seront "pas sur les quais, mais dans les trains, au plus proche des usagers", a expliqué Nicolas Sarkozy.

"Le rôle d’un ministre de l’Intérieur, c’est de s’occuper de la vie quotidienne", affirme-t-il devant des usagers surpris de le voir débarquer dans leur train dès potron-minet. "Je souhaite que chacun puisse se dire quand lui ou un membre de sa famille prend le train, qu’il le fait en toute sécurité".
"Vous n’avez pas de craintes dans ce train ?" demande-t-il. "Aujourd’hui ça va", répond une voyageuse, mi-figue mi-raisin. Et les services de sécurité ? "On les voit jamais". - "Je viens justement pour ça. [...] Franchement, je vous assure que vous allez les voir. Il faut que les voyous sachent qu’il y a un risque. Parce que le problème, c’est qu’ils pensaient qu’il n’y avait pas de risque", répond le ministre.
Il s’avoue également "très tenté par un essai de vidéosurveillance à l’intérieur d’un train d’une ligne exposée à la violence".
Le ministre compte aussi "renforcer les possibilités juridiques des agents de sécurité de la SNCF pour qu’ils puissent verbaliser et relever tous les délits" [3] et "renforcer leur possibilité d’armement avec notamment des armes non létales", comme le pistolet à impulsion électrique Taser, "de façon à ce qu’ils puissent mieux assurer leur sécurité".
Pistoler Taser X26
Les malfrats n’ont qu’à bien se tenir... Tout droit sorti d’un véritable James Bond, voici le Taser X26. Un pistolet (EMD, Electro Muscular Disruption) mis au point par TASER International, le leader du marché des armes moins meurtrières perfectionnées. Le X26 tire jusqu’à 6 mètres de distance deux dards de 5 mm, qui s’accrochent sur les vêtements envoyant une impulsion électrique.
La décharge neutralise alors pendant un bref instant la communication entre le cerveau et les muscles. La personne atteinte est du coup incapable de coordonner ses mouvements et tombe à terre. Les forces de l’ordre n’ont plus qu’à cueillir leur suspect sans qu’il y ait de blessé, selon les concepteurs. Le X26 devrait être commercialisé aux services de police, et agences privées de sécurité aux alentours de 750 euros.
une arme non létale ?
ÉTATS-UNIS - La police et les pistolets paralysants
Un document d’AMNESTY INTERNATIONAL
Index AI : AMR 51/139/2004 (décembre 2004) [4]Aux États-Unis, plus de 5000 services chargés du maintien de l’ordre utilisent actuellement des pistolets Taser. Ces armes de poing peuvent projeter à quelque six mètres de distance deux aiguilles reliées à des fils électriques. La personne touchée subit pendant cinq secondes une décharge électrique de 50 000 volts qui la paralyse instantanément. Ces pistolets paralysants peuvent également être utilisés à bout portant, « par contact ».
L’usage de ces armes, introduites dans les années 1970, a considérablement progressé au cours des quatre dernières années avec la mise sur le marché des « pistolets paralysants évolués » M26 et X26, beaucoup plus puissants que les anciens modèles. Outre la police et l’administration pénitentiaire, l’armée américaine les utilise en Irak ; des particuliers en ont fait l’acquisition et elles sont aussi en service ou à l’essai dans un certain nombre de pays.
Les services de police qui font usage des pistolets paralysants affirment que cette alternative aux armes à feu et aux matraques permet de réduire les blessures infligées et de sauver des vies. Toutefois, les recherches effectuées par Amnesty International démontrent que ces pistolets sont utilisés dans des circonstances qui ne justifient ni le recours à la force meurtrière, ni même l’utilisation de matraques.
Par ailleurs, l’organisation est préoccupée par le nombre croissant de décès liés à l’utilisation de ces armes par la police. Au cours des trois dernières années, plus de 70 personnes seraient mortes aux États-Unis et au Canada après avoir été atteintes par des pistolets incapacitants M26 ou X26 ; le nombre de victimes augmente chaque année. Les coroners attribuent généralement le décès à d’autres causes, comme la prise de drogue, mais des experts médicaux estiment que l’utilisation de ces armes peut accroître le risque de crise cardiaque pour les personnes agitées, droguées ou présentant des problèmes de santé. Dans au moins cinq cas récents, les coroners ont conclu que l’utilisation d’un pistolet incapacitant avait directement entraîné la mort de la victime, conjointement avec d’autres facteurs comme la toxicomanie ou les maladies cardiaques. Ainsi que nous l’indiquons dans le présent rapport, l’augmentation du nombre de décès renforce les préoccupations d’Amnesty International quant à la sécurité des pistolets paralysants et à l’absence d’examen rigoureux et indépendant de leurs effets médicaux.
Outre les inquiétudes relatives à la santé, les armes qui envoient des décharges électriques peuvent donner lieu à des abus car elles sont portables et faciles à utiliser ; il suffit de pousser un bouton pour infliger une forte douleur sans laisser de marques importantes. Malgré ces risques, l’utilisation des pistolets paralysants n’a pratiquement pas fait l’objet d’enquêtes indépendantes aux États-Unis ni de normes ou de directives régissant leur emploi. Dans la pratique, les recherches d’Amnesty International ont révélé que de nombreux services de police utilisaient habituellement ces armes pour maîtriser des individus non armés qui opposent une résistance sans représenter un véritable danger pour eux-mêmes ni pour autrui.
Comme le démontrent les cas exposés dans le présent rapport, des policiers ont utilisé des pistolets incapacitants contre des écoliers indisciplinés, des individus souffrant de troubles mentaux, ou encore ivres et agités, mais qui ne mettaient aucune vie en danger, des personnes âgées, des suspects non armés qui s’enfuyaient après avoir commis un délit mineur. Des personnes qui avaient une altercation avec des policiers ou refusaient d’obtempérer immédiatement ont également subi l’usage de ces armes. Dans la plupart des cas, les victimes ont reçu de multiples décharges, parfois alors qu’elles étaient entravées.

