Histoire coloniale et postcoloniale

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réédition d’une œuvre “incontournable” : la thèse d’André Nouschi

lundi 18 février 2013, par nf

« L’Enquête sur le niveau de vie des populations rurales constantinoises d’André Nouschi [1] reste une œuvre incontournable sur l’histoire de l’Algérie coloniale ; elle propose une réflexion, elle incite à la réflexion selon des vues qui, malgré les inévitables évolutions épistémologiques, ne sont pas périmées et ne peuvent l’être. Elle doit être connue de tous ceux qui veulent connaître ce passé d’échanges, traumatique mais partagé d’une rive à l’autre de la Méditerranée, par les Algériens, par les Français, de France ou originaires d’Algérie, par les métis de l’identité, par les férus d’histoire, par les citoyens d’aujourd’hui de la vivante humanité. »

Gilbert Meynier (extrait de la préface de la réédition)


Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu publié en 1962 par Robert Émerit [2], de la première édition de cette analyse de la colonisation dans la région de Constantine.

Une grande enquête : le niveau de vie dans le Constantinois (1830 - 1919)

Il y a longtemps que nous réclamions de véritables études d’histoire sociale sur l’Algérie. Pareils travaux exigent une longue période d’initiation, et les archives sont dispersées. M. André Nouschi, maître de conférences à la Faculté des Lettres de Tunis, était bien armé pour affronter ces difficultés : il est du pays, il sait l’arabe et il n’a aucun préjugé.

Le problème qu’il a abordé est celui-ci : la domination française (dont tout le monde apprécie à leur valeur les belles réalisations techniques) a-t-elle eu pour résultat une révélation ou une diminution du niveau de vie de la masse de la population algérienne ? Une documentation, somme toute, très abondante, permet de le résoudre.

Bien qu’il n’ait pu utiliser les archives turques d’Alger, André Nouschi a réussi à brosser un tableau assez précis de la Province de l’Est à la veille de la conquête française. Il estime qu’elle était peuplée d’environ 1.200.000 habitants, les 2 /3 de la population totale de la Régence d’Alger. La mortalité était forte par suite des maladies. Cependant le niveau de vie était assez élevé, compte tenu du fait qu’il s’agit d’un pays méditerranéen aux ressources modestes. La nourriture du paysan était assez variée. Si les Arabes ne consommaient de la viande et du couscous qu’aux occasions solennelles, ils ne se nourrissaient pas plus mal que le paysan français à la même époque. Et n’oublions pas que l’Algérie orientale était le seul pays méditerranéen qui exportait des céréales.

Le pays n’était pas en anarchie. La lutte entre nomades et sédentaires, par laquelle certains géographes ont prétendu expliquer le « retard » (nullement prouvé) de l’Algérie, est un mythe à rejeter. Nouschi montre que la tente n’implique pas forcément le nomadisme. Il est certain qu’on voit surtout des tentes sur les terres des tribus (arch) et des gourbis sur les propriétés individuelles (melk), mais le régime foncier est la cause principale de cette différence, et les sédentaires ont presque autant de troupeaux que les nomades.

Ce régime foncier nous le voyons ici exposé avec précision. Outre les arch et les melk, il existe dans le Constantinois une forte proportion d’azels, terres d’Etat concédées. Pour mieux comprendre ce régime, Nouschi aurait eu intérêt à pratiquer un peu l’histoire comparée. Car les paysans des azels, mobilisables en temps de guerre, ressemblent beaucoup aux « hommes de service » de Russie ; ils constituent la force principale du bey de Constantine, comme ces derniers ont fait la puissance des tzars. Les melks, transmissibles avec la formalité de l’autorisation beylicale, ont leur analogue en Europe orientale, et le droit de préemption des proches (chefaa) est la protimesis, à quelques nuances près. En Algérie cependant on peut vendre librement la propriété qu’on a plantée d’arbres fruitiers ; comme en Turquie, le travail effectué sur la terre crée en fait la proprieté, Le terrain cultivable est assez abondant pour que le droit de purprise y soit plus général que dans les autres pays.

Les impôts étaient-ils lourds ? J’avoue que la question mériterait d’être étudiée de plus près. Nous sommes désorientés par les statistiques fantaisistes qui donnent sur le produit de l’achour les évaluations les plus discordantes. Quand nous pourrons bien évaluer les charges fiscales, il conviendra aussi de les comparer avec celles des autres populations du domaine méditerranéen. Alors seulement on pourra conclure que, quelles que soient les charges, la population n’était pas misérable. Il existait une organisation de prévoyance qui atténuait les disettes dues aux mauvaises récoltes : des silos où l’on mettait en réserve les excédents de céréales des bonnes années. La société rurale (M. Nouschi ne nous parle pas des villes) vivait en vase clos et ignorait le capitalisme. On trouvait dans la province de grands seigneurs, des propriétaires aux moyens variés ; peu de métayers (khammès) et de bergers ; beaucoup de fermiers d’azels, qui étaient en réalité des possesseurs perpétuels. Peu d’ouvriers journaliers. Dans l’ensemble Nouschi estime que c’était une société bien équilibrée.

Etudiant ensuite la période de la colonisation française, Nouschi nous décrit une évolution dramatique : la dépossession progressive de l’Algérien. Certes le pays était déjà en période de régression avant la conquête française (1837), par suite d’épidémies, de la destruction de silos sur l’ordre du bey Ahmed, d’une période de sécheresse et de spéculations sur les monnaies. Mais après la conquête, les prix ont triplé sans que le paysan en ait profité. Les dévastations opérées par les colonnes de Négrier et de Baraguay d’Hilliers ont accentué la misère. Les grands seigneurs, protégés par le nouveau régime, ont sans doute aggravé leurs exactions. La France a augmenté les impôts de 80 %. Si de meilleures récoltes ont fait remonter le niveau de vie jusque vers 1844, les années 1845 à 1850 furent une période de dépression : baisse des exportations, prix élevés, disette, épidémies (le choléra de 1850-51 fait encore 12.000 morts). C’est en pleine période de crise que la France installe dans le pays ses colons parisiens de 1848, sur de bonnes terres arables enlevées aux autochtones ; et ces colonies ont des débuts bien pénibles. Les concessionnaires cherchent bientôt à louer ou à vendre leurs lots. Peu nombreux sont ceux qui travaillent eux-mêmes la t erre.

Les années 1852 à 1856 ont été des années prospères, par suite de bonnes récoltes et d’une hausse des prix du blé et de l’orge, due à la demande extérieure. Cette prospérité, nous aimerions la voir évaluer autrement que par l’histoire des prix. Les prix montent après une mauvaise récolte ; c’est la conséquence d’une disette. Ils peuvent monter aussi après une bonne récolte, alors c’est pour le pays un élément essentiel de prospérité. Ce qui importe c’est d’établir la corrélation entre le prix des céréales et la marge d’exportation : un bon indice de corrélation exprimerait la prospérité. Cela implique une étude du marché extérieur. L’historien local ne doit pas l’oublier.

Les bons prix de vente ont rendu quelque prospérité aux Arabes, mais aggravé aussi leur vulnérabilité, car les réserves ont été vendues. Les surfaces cultivées ont augmenté, ainsi que les salaires des moissonneurs. En revanche l’attrait d’une agriculture rémunératrice excite les appétits des colons européens, pousse le Gouvernement à cantonner les terres à leur profit, même si l’opération est désastreuse pour le fisc. Car les tribus, à qui on a enlevé 25.000 hectares de bonne terre, entrent en effervescence, et les biens de l’État sont dilapidés. Une région fertile a été donnée à la Compagnie genevoise moyennant une rente d’1 franc par hectare, alors que les Arabes ainsi dépossédés payaient une redevance de 45 francs par charrue, sans compter les prestations. Cette colonisation intensifiée n’introduit même pas dans le pays les améliorations techniques qu’on escomptait ; elle est plutôt parasitaire.

On ne connaît pas exactement l’étendue du territoire soumis au cantonnement. Un tableau de 1858 montre que l’on a prévu cette opération pour toutes les tribus de la plaine. Mais il ne faut pas confondre les projets et l’exécution. D’après un discours du général Allard en 1863, les commissions ont cantonné 16 tribus, soit 56.489 habitants, dont le territoire a été réduit de 342.000 à 282.000 hectares. Il resta 5 ha par habitant. Quelques sondages montrent que le resserrement des tribus a été très dur, surtout dans les régions les plus fertiles. On a pris la moitié des terres dans le Rummel, les 4/5e dans la région de Jemmapes.

M. Nouschi montre que la vie du fellah n’a pas changé, sauf sur un point : il a été obligé d’abandonner des champs fertiles et de diminuer les terres de parcours. Il est passé d’une économie de type fermé à une économie de type ouvert, sans être préparé à cette transformation. C’est ce qui explique qu’il a été très affecté par la crise économique de 1856-58. Les années précédentes il avait labouré à l’excès, épuisé le sol et vidé ses silos, pour profiter de la possibilité de vendre beaucoup et à bon prix. Quand s’est produite une baisse catastrophique du prix des céréales, il est devenu la proie des usuriers, « conséquence de l’occupation française », dit le général de Martimprey. Faute d’établissements de crédit, il est obligé d’emprunter souvent à un taux de 72 %. Et c’est le moment que choisit le Gouvernement pour aggraver les impôts : ils ont plus que doublé de 1852 à 1859 et ils finissent par absorber le cinquième du bénéfice.

Les colons, eux-mêmes durement atteints, ne voyaient qu’une solution aux maux du pays : l’établissement de la propriété individuelle. Cela leur aurait permis d’acheter des terres aux musulmans et d’échapper aux crises dont sont victimes surtout les petites propriétés. Ont-ils acheté beaucoup de terres à l’époque du Ministère de l’Algérie (1858-1860), qui facilitait les transferts ? Dans le Constantinois, comme ailleurs, nous n’arrivons pas encore à le savoir, la documentation étant trop fragmentaire. Les Bureaux arabes ont-ils protégé la terre indigène, comme le croient la plupart des historiens ? M. Nouschi nous dit qu’ils ont freiné les initiatives des fellahs qui voulaient planter des arbres fruitiers, et cela afin de réserver le maximum de terres pour la colonisation. Mais il ne nous en donne pas la preuve. Au contraire nous lisons plus loin que les colons ont toujours cherché à transformer les territoires militaires en territoires civils parce que les bureaux arabes défendaient les musulmans.

Le régime collectif de la tribu protégeait la terre indigène contre les risques d’aliénation. Le sénatus-consulte de 1863 a rompu ce cadre. Il a préservé cependant la propriété des tribus, au prix d’un léger resserrement. En quatre ans les commissions du Constantinois ont délimité les terres de 29 tribus, peuplées de 67.706 habitants, en tout 402.000 hectares. Le but était de créer peu à peu la propriété individuelle, mais les commissions n’ont pas osé aller jusque-là. Les bonnes récoltes de 1863 et 1864 ont permis de calmer Ides appréhensions des fellahs.

De 1866 à 1870, hélas, le pays devait traverser la plus grande crise de son histoire. Sécheresse, sauterelles, choléra, variole, épizooties provoquent une misère généralisée et une famine meurtrière. La population a diminué de 20 % en 1869. Nousehi analyse cette crise en chirurgien-légiste expert en autopsies scrupuleuses. En dépit des déclarations candides du gouverneur général Mac-Mahon, c’est la ruine de la colonie. L’Autorité militaire en est-elle responsable ? Le territoire le plus touché a-t-il été le territoire militaire ou le territoire civil ? Je ne trouve pas ici de réponse à cette question, qui fut assez controversée à l’époque.

Ce qui est certain c’est que les possibilités de relèvement, après le rétablissement de meilleures conditions naturelles, étaient faibles pour le musulman, par suite de la diminution de l’étendue de bonne terre dont on lui avait laissé l’usage.

En 1865 les 21.428 colons cultivent 206.000 ha, soit 9,61 par habitant.
Les 1.234.941 musulmans cultivent 5.686.000 ha, soit 4,60 par habitant. Pour le bétail la proportion est de 5,3 par européen et 4,2 par musulman. 91,31 % des arbres fruitiers appartiennent aux Européens. En 1870 les différences se sont déjà accentuées. Surtout la valeur des terres et des troupeaux est nettement en faveur des Européens. Nouschi évalue la fortune moyenne du colon à 4.835 francs par personne ; celle du fellah à 569 francs.

L’établissement du régime civil allait accentuer cette évolution. La révolte de 1871 a eu pour résultat le séquestre des biens des tribus insurgées et le versement d’amendes qui atteignirent dans le Constantinois 20.370.000 francs, dont 12.815.000 perçues immédiatement. Les commissions du séquestre se sont hâtées de faire passer les terres aux mains des colons, et ceux-ci ont pu acheter à vil prix les propriétés vendues pour le paiement des amendes. Ce fut en fait une contribution de guerre sans exemple dans l’histoire. Les vaincus durent payer 10 à 12 fois leur revenu annuel, c’est-à-dire 3 ou 4 fois plus que l’indemnité versée par la France à l’Allemagne après la défaite de 1871. Nouschi calcule que, dans le Constantinois, l’Etat a confisqué 520.242 ha, valant 9.573.000 francs. Avec le rachat du séquestre, il évalue le total de la contribution à 42.500.000 francs. En y ajoutant les aliénations de gré à gré, l’auteur estime que la perte totale des musulmans du département fut de 690.000 hectares. Les ventes massives de bétail pour payer les amendes ont été aussi désastreuses. On a vu le cheptel diminuer de 18,6 % pour les ovins, de 14 % pour les caprins. D’autre part les charges fiscales ordinaires ont augmenté après 1871. De 1886 à 1884 l’impôt arabe augmenta de 30 % ; les charges fiscales des fellahs étaient alors trois fois plus grandes que celles des Européens ; et le revenu de ces impôts ne profitait nullement aux villages indigènes. On enleva à ceux-ci, pratiquement, l’usage des forêts, d’ailleurs périodiquement ravagées par des incendies. Dès lors, quelle que soit la situation économique, le musulman n’a plus les moyens de se relever.

Le Constantinois, qui produit surtout des céréales et du bétail, est plus sensible aux fluctuations économiques que le reste de l’Algérie, où la vigne a fait, après 1881, des progrès plus marqués. Les crises y sont fréquentes (1885-86 ; famine de 1887 ; 1889-1890 ; 1893 à 1900). De 1882 à 1887, il y a eu réduction des surfaces emblavées. La fiscalité accroît les charges des fellahs et conserve les privilèges des colons : la loi de 1884 institue une taxe sur la propriété foncière en Algérie, mais en exempte les constructions édifiées sur les terres de colonisation pendant dix ans. Le produit des impôts sert à améliorer les centres européens. Le musulman ne peut obtenir de crédit aux caisses d’escompte et se voit livré aux usuriers : on lui prête à 40 ou 50 %, et le renouvellement des billets arrive à porter ce taux à 150 % et plus. A chaque crise le fellah vend des terres, accaparées par les Européens, dont la propriété augmente de 32 % de 1861 à 1901. L’institution, en 1893, des Sociétés indigènes de Prévoyance, groupant un tiers de la population rurale, n’a fait qu’atténuer les abus.

Nouschi nous décrit le déclin du revenu des fellahs avec une documentation parfois pesante au gré du lecteur, qui préférerait des courbes générales assez simples pour être consultées d’un coup d’œil. Nous sommes aussi parfois choqués par la disparité des informations fournies par les organismes divers chargés des statistiques. Une critique serrée s’impose. Historien pessimiste, Nouschi a peut-être tendance à multiplier les « années critiques » et nous donne souvent l’impression d’un trouble continu, où se perd notre attention. Si le produit des contributions baisse de 1900 à 1918 (date de la suppression des impôts arabes traditionnels) nous en voyons mal les raisons ; peut-être la question de la perception par l’intermédiaire des chefs locaux est-elle primordiale. Très conjecturale est l’évaluation du capital à diverses époques...

Ce qui est clair, c’est l’évolution de la propriété par concentration entre les mains des Européens et la prolétarisation progressive des musulmans. Le nombre des propriétaires a baissé de 2 % depuis 1900 ; celui des ouvriers à augmenté de 3 %. Le Constantinois, à la veille de la première guerre mondiale, compte 51 % de propriétaires, 29 % de métayers et khamrnès, 14 % d’ouvriers journaliers et 4 % de fermiers (type social récent, introduit par la colonisation). Le khammès, qui forme 14 % de la population du département, est obligé de laisser au propriétaire les 4 /5e de ses récoltes ; c’est une sorte de serf, qui ne peut vivre normalement du produit de son travail.

La prolétarisation entraîne-t-elle un abaissement du niveau de vie ? C’est là le grand problème. Les colons prétendent que le salaire de l’ouvrier agricole dans une bonne exploitation dépasse le revenu de la propriété qu’il cultivait avant de l’avoir vendue. En gros, les calculs de Nouschi prouvent le contraire.

Je passe sur les difficultés dues à la guerre et sur les mesures prises pour y parer. Peut-être Nouschi est-il trop sévère à l’égard de l’Administration, créatrice de l’Office du blé. J’ai peine à croire que les moyens financiers du petit fellah aient diminué « de 80 à 100 % ». Il semble cependant certain qu’il y a eu un appauvrissement progressif de la population musulmane, en dépit des progrès économiques du département. Car la richesse d’une nation, comme l’avait déjà si bien dit Villeneuve-Bargemont au début du siècle dernier, ne doit pas être évaluée d’après la valeur du capital ou des échanges, mais d’après le niveau de vie de sa population. La misère du paysan algérien est indéniable et elle n’a fait que croître au cours d’un siècle. Il fallait avoir la patience de le démontrer et le courage de le dire.

La thèse de Nouschi est vraiment la « somme » de ce que nous pouvons savoir de l’histoire sociale de l’Est algérien, histoire fondée pour la première fois, et très solidement, sur l’analyse du mouvement économique, la répartition de la propriété, la capacité d’achat des travailleurs. Il faudra effectuer des travaux analogues sur l’Algérois et l’Oranie. Aucun ne pourra se passer de cette enquête austère, ardue, mais richement documentée et d’une parfaite liberté d’esprit.

Marcel Émerit


[1André Nouschi, Enquête sur le niveau de vie des populations rurales constantinoises de la conquête jusqu’en 1919. Essai d’histoire économique et sociale.
Deuxième édition revue et corrigée, préface de Gilbert Meynier, 2012, 1 volume 16x24 cm, 768 pages, 45 €, ed. Bouchène.
Première édition : PUF, 1961.

[2Le compte-rendu de Robert Émerit a été publié en 1962, dans la revue Annales, volume 17, n° 6.